14.01.2009

De la Notion de Durabilité: Esquisse du Developpement Humain du XXIéme siècle

L'un des enjeux majeurs du XXIème siècle, à mon sens, sera de recréer un nouveau Contrat Social. En effet, au delà de l'évolution économique qui emerge, le passage de la sociétè industrielle à une sociétè post-industrielle, c'est tout le système du developpement humain, de l'idée de progrès qui est remis en jeu. En quoi cette évolution est conséquente?

Tout d'abord, il convient de dire que la croisseance et le developpement ont, à juste titre, fait l'objet non plus d'une simple séparation mais d'une complémentarisation, certes peu connu, autour d'un indice, l'IDH, et qui met en relation le developpement économique ou accroissement des richesses, et le developpement humain, tel que l'education, la santé ect..

Le XXIème siècle aura, lui, la particularité de devoir combiné à ces deux concept celui du developpement écologique, qui est ainsi le troisième lien fondamental entre developpement économique et developpement humain ( voir le schéma de Rodrik dans La nouvelle écologie politique de J.P Fitoussi et Eloi Laurent), dans un contexte plus global qui est le developpement durable ( traduit de l'anglais sustainable development ). Dans "Durable", je crois qu'il ne faut pas l'entendre tel que la poursuite du developpement économique de manière plus modérée qu'elle ne l'était auparavant dans un Monde plus respectueux avec les vertus de la Nature. Il faut l'imaginer comme une manière de repenser le developpement Humain.

Le "durable" reconnait, voire protège, la diversité: diversité biologique, diversité culturelle, diversité des opinions... Le "Durable" est peut être le concept qui permettra à l'Humanité d'entamer sa Renaissance. En effet, le developpement economique, la santé et l'education peuvent être considéré comme étant des causes apparentes du developpement humain. Le "durable" lui, va permettre de lever le voile sur les causes profondes du developpement humain: egalité des sexes, democratie et égalité des biens premiers et des capacités. Un véritable politique économique ne peut être entreprise à bien que dans une démocratie, cette fonction a même été établi dans le domaines des sciences économique ( en effet, le coefficient de corrélation entre soutenabilité environnementale et acceptation faible de la démocratie est Inférieur à celui qui existe entre soutenabilité environnementale et acception forte de la démocratie, ce qui signifie que la démocratie est une véritable necessité pour la performance écologique ( voir livre cité çi-dessus)).

Je crois ainsi que ce concept peut servir de base à cette "regénérescence" de l'Humanité ( pour citer E.Morin) dans le sens où elle fait de ces trois developpement la quintescence du respect de toute vie humaine sur Terre, où elle lui rend sa Dignité. C'est ainsi que le Durable apparît comme don, générosité, solidarité et justice. Le Durable est mouvement vers autrui, et pas seulement repli sur l'Humanité d'aujourd'hui. Le Durable est prospective et voué à regarder vers l'Avenir, volonté d'action et Renaissance d'un Espoir, d'un possible. Il n'est pas relativisme, mais je dirais plutôt Dignité et Respect. Il tente de penser ce monde dans une cohérance, son impératif étant de reconnaître que chaque developpement est consubstentiel à la permanance d'une vie humaine sur Terre, et d'une vie digne...

04.01.2009

Esquisse d'une pensée humaniste: De la Renaissance Humaine du XXIéme Siècle [ partie III]

" Si l'on admet que l'Homme n'est seulement une Main ou un Coeur, mais également une tête, c'est à dire une liberté, un projet, alors il faut accepter que la conduite humaine soit stratégique, c'est à dire qu'elle est orientéeen vue d'atteindre un objectif personnel, compte tenu des contraintes de la situation" ( E.Friedberg). De ce constat, cet auteur et Crozier en ont deduit deux postulats importants: l'affirmation de la capacité cognitive de l'Homme et le concept de rationalité limitée de l'action. De ces postulats, qui constitue une remise en cause de la vision archaique de l'Homme, ce dernier apparait tel un Homo Sociologicus Cognitif, capable de penser, d'analyser son environnement et d'agir en fonction de la situation, selon sa sensibilité et ses motivations. La rationalité limitée ou Bounded Rationality (concept developpé par Simon) montre que la connaissance par l'Homme de son environnement est souvent fragmentaire, d'où la difficulté pour l'Homme d'anticiper ses choix, la connaissance étant issu d'intuition ou d'une analyse limitée de la situation.

Que déduire de tout sa? Disons-le clairement: la croyance selon laquelle les Sciences et la Raison priment sur l'Humain, ou en sont détachées, n'est que chimère et pure spéculation. Tout comme l'avenir est incertain, il faut admettre ce que Kant affirmait " Il convient à l'Homme que le présent délivre sa promesse d'avenir".

En quelques lignes, par quelques concepts nouveaux, c'est tout un modéle de société qu'il est convenu de remettre en question. Ce modèle, basé sur l'argent, la Raison, ne peut être que source de désenchantement, de crispations sociales, d'exarcerbation des inégalités. A contrario, promouvoir l'egalité des chances, un capitalisme cognitif, un Monde somme tout Durable (objet de la prochaine reflexion), c'est appréhender l'Avenir plus sereinement, s'inventer une part de possible, renouer avec l'Espoir, le Rêve. Et renoncer aux souffrances et aux drames d'une Revolution, et se prouver que l'Homme, tel un Phenix, peut Renaître, et j'insiste là-dessus, de ces cendres, et vivre autrement.

Tout comme faire de la politique autrement.. A Chantal

Esquisse d'une pensée humaniste: De la Renaissance Humaine du XXIéme Siècle [ partie II]

Parlons-en de l'Avenir. La psychosociologue Florence Guist-Desprairies, à propos de l'Avenir, constatait " [qu'] il faut rêver le Monde pour pouvoir y entrer". Le rêve n'a t-il pas été banni par l'exacerbation de la rationalité, par le désenchantement du monde? Il me semble que l'Avenir se définirait comme ceçi: " Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun: il existe aujourd'hui un laps de temps pendant lequel nous avons la possibilité d'influencer l'avenir par nos actions individuelles. Mais comme cet avenir sera la somme incaculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s'imposera finalement"(I.Wallerstein). Un changement dans la pensée s'est ainsi opéré: l'Avenir a repris sa forme imprévisible.

C'est ainsi, comme le remarque Edgar Morin, " [qu'] il faut abandonner la fausse rationalité. Les besoins humains ne sont pas seulement economiques et techniques, ils sont aussi affectifs et mythologiques". Abandonner la fausse rationalité, c'est aussi reconnaître qu'une autre possible peut exister malgré l'incertitude. C'est penser la complexité, la multidimensialité, mais également laisser place au rêve. C'est aussi l'abandon de l'Homo Economicus, ou du moins, reconnaître que l'Homme est bien plus qu'un être avide de profit.