22.02.2008
La nouvelle gouvernance: Vers une démocratie cognitive Partie III
IV- Promouvoir une démocratie cognitive
La promesse d’un accès plus ouvert de la société civile à la décision devra également s'accompagner, dans un premier temps, d'un new deal culturel, ainsi que dans le partage du savoir et de l'expertise. Ce new deal incombe ainsi de relever nombres de défis.Le premier d'entre-eux auquel s'attache cette lourde réforme est de relier l'acquisition nouvelle de l'information à la vie quotidienne.
Le second est de faire émerger une culture commune de la globalité, une opinion publique mondiale. C'est donc developper le sens du "Penser globalement-Agir localement".
Le troisième est de réduire le fossé, qui ne cesse de grandir, entre l’expert et le citoyen ("the knowledge gap") - ce qui renvoie, pour l’environnement comme dans d’autres domaines, au rôle fondamental de l’éducation, à l’émergence d’une véritable culture du risque et surtout à la construction de ce qu’Edgar MORIN a appelé une "démocratie cognitive".
Comment parvenir à ce nouveau contrat social, cette sorte de cercle vertueux de la "société réflexive" - transparente à elle-même? Voila plusieurs pistes de recherche donnée par J.Theys (je cite):
-du coté des médias un effort persévérant de pédagogie et de distanciation par rapport à l’événement;
-du coté des scientifiques, une éthique de l’objectivation et de l’autonomie qui mette le savoir à l’abri de toute forme d’expropriation par les groupes de pression ; et un souci réel de mise en débat public des connaissances ;-du coté du système éducatif, la généralisation à tous de l’enseignement scientifique, et une meilleure intégration de l’environnement dans les filières de formation. Une réforme se doit d'être menée, car l'éducation reste le pilier de toute société démocratique ;
-du coté des industriels, l’acceptation du principe de précaution et de la transparence ;
-du coté des autorités publiques, la transparence des objectifs et des informations et surtout l’acceptation de la pluralité de l’expertise comme instrument majeur de la démocratie - ce qui implique la volonté tenace de réduire partout les obstacles qui s’opposent au développement de la contre expertise ;
-du coté des institutions, la mise en place de règles permettant d’éviter la confusion des pouvoirs, et la création de procédures ou de structures de médiation permettant d’assurer un véritable contrôle démocratique des choix scientifiques et techniques (rôle des autorités indépendantes) ;
-et enfin du coté de l’opinion, une acculturation au doute et à l’idée que la connaissance ne se confond pas avec l’accumulation de certitudes toutes faites - ce qui suppose aussi une certaine acceptation du droit à l’erreur pour la politique.
21:20 Publié dans Institutions et démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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