04.01.2009

Esquisse d'une pensée humaniste: De la Renaissance Humaine du XXIéme Siècle [ partie I]

Weber, dans sa construction de la notion de sociétè, y plaçait la conduite individuelle comme fil conducteur. La sociétè proviendrait de l'ensemble des motivations rationelles et interessées. La communauté disparait alors, ainsi que le sentiment de solidarité qui la fonde, la rationalisation étant au coeur de cette transformation. D'ailleurs, c'est ce procésus de désenchatement du Monde que Weber a lui-même défini dans Le Savant et le Politique: "Le destin de notre époque caractérisée par la rationalisation, par l'intellectualisation et surtout par le désenchantement du monde a conduit les humains à bannir les valeurs les plus sublimes de la vie publique". Cruel mais juste est ce constat.. [ texte inspiré de P.Scieur ]

Individualisme, rationalisme, désenchantement du monde: voilà les éléments de la terrible équation qui mène, aujourd'hui encore, nos sociétès droit dans le mur. De l'individualisme et du rationalisme est naît l' Homo Economicus, cet homme rationnel qui maximise à tout prix son profit, individu seulement concerné par son propre confort matériel, sa quête d'argent, le considérant tel que l'élément essentiel du Bonheur dans nos sociétès. Travail, argent, individualism, on reconnait içi tout un mécanisme interdépendant dont un certain projet de sociétè s'inspire trés nettement. Cet individualisme gangrène donc au sein même du politique ( en passant par la sociologie, l'economie, la philosophie...), entrainant népotisme, despotisme, exacerbant les inégalités de faits car, à sa base même, le principe d'égalité des chances n'est pas appliqué; pire encore l'inégalité y est soutenue, par confiance en sa reduction à l'Avenir ( cf courbe de Kuznets pour les économistes par exemple..)

18.04.2008

Traité politique en matière d' "Egalité des Chances"

Promouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances. Tel me semble être le véritable enjeu du XXI° siècle.

Parce qu'il s'agit tout d'abord d'un enjeu de société. En effet, nous sommes entrés depuis de nombreuses années dans une nouvelle économie-monde, basée sur une nouvelle division du travail, un developpement massif des nouvelles technologies de l'information et des télécommunications, une marché mondial de plus en plus concurrentiel et une mondialisation des images de la mondialisation qui engendre une zone d'opacité entre un monde réel trop pauvre et virtuel trop riche ( 3 leçons sur la société post-industrielle, Cohen). De plus, on assiste également à l'émergence d'une nouvelle société: les femmes travaillent, les couples divorcent, la fécondité baisse, l'espérance de vie augmente, la pauvreté se déplace. En quoi promouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances peut contribuer à repondre positivement à cet enjeu de société? 

Dans un premier temps, le fait est que l'égalité des chances est consubstentielle à la démocratie. Il s'agit aujourd'hui d'un but majeur de nos sociétés que d'aspirer à une égalité des chances la plus parfaite possible. Pour permettre de réaliser ce but ultime, il nous faut prendre le problème à la racine: offrir à tous nos enfants, quelque soit leur catégorie sociale, le meilleur environnement possible, pour qu'il puisse entrer de manière confortable dans cette nouvelle "société de la connaissance". Car l'égalité n'est pas seulement un idéal à atteindre: c'est avant tout une volonté politique qui s'inscrit dans la durée, une des facettes du developpment durable, une volonté de toute une société, une volonté de toute une civilisation. Aprés avoir défini ce que nous devons atteindre, nous devons nous interroger sur les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir. Içi, je m'appuie sur l'oeuvre de Esping Andersen, Trois leçons sur l'Etat Providence. En effet, d'une manière originale, ce dernier montre en quoi l'Etat Providence doit être considéré non plus comme un "Etat infirmier", qui n'aurait qu'une vision court-termiste et qui rafistollerait seulement notre mondèle social, mais comme un "Etat investisseur", capable de véritables réformes justes, ayant une vision long-termiste. Investir oui, mais dans quoi? C'est içi que son analyse prend toute sa splendeur: que ce soit pour permettre aux femmes de finir leur révolution quant à leur rôle dans la société du XXI° siècle, que ce soit pour garantir une croissance durable, combattre la pauvreté, assurer tout au long de la vie une justice et offrir des moyens équitables aux citoyens d'aspirer à la position pour laquelle il donne de leur âme, d eleur temps et même pour réformer les retraites, le point central est d'investir dans nos enfants, notamment en terme d'égalités des chances. Stimuler leurs capacités cognitives ( et non cognitives également) tout en mélangeant les enfants de parents riches avec ceux des parents modestes au sein de créches subventionnées de manière universelle et équitable, c'est permettre à la "société de la connaissance" d'émerger: permettre aux femmes de s'émanciper économiquement ( car les enfants agissent tel un impôt regressif sur l'offre de travail des femmes, tout simplement car lorsque l'on aspire à avoir un enfant, il va de soi que l'on va moins travailler du fait de la période de la maternité), et donc leur offrir un poids important au sein des négociations familiales, mais encore permettre la mixité sociale ( et donc combattre la ghettoisation de la société individualiste), éviter de sacrifier l'efficacité à l'égalité ( bien que l'on peut se demander le bien fondé de cette critique), d'éviter également laposition de passager clandestin, et bien sur faire que l'égalité ne soit pas un simple idéal, mais une réalité sociale.   

Car, dans un second temps, il s'agit d'investir dans l'avenir, de manière durable et ce pour faire emerger surtout une alternative à une société "individualiste", qui agit telle une tumeur cancereuse qui se propage au sein de l'Humanité. Car faire de la politique autrement, et de surcroît durablement, c'est bien sur ne plus vandaliser la nature, mais c'est surtout, a fortiori, considérer l'Homme d'une autre manière, non lpus comme un individu, resté au stade d'atome broyé dans la masse, mais comme une personne libre: "l'Homme libre est un homme que le monde interroge, et qui répond: c'est l'homme responsable. La liberté [...] n'est pas l'être de la personne, mais la manière dont la personne est tout ce qu'elle est, et l'est plus pleinement que par necessité" E.Mounier, Le personnalisme. En quoi promouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances peut permettre d'aspirer à une société qui s'inspire de la nature des personnes?

Parce qu'il s'agit simplement d'en finir avec ce désenchantement du Monde, avec cette peur de l'Autre. La psychosociologue Florence Guist-Desprairies notait " [qu'] il faut pouvoir rêver le Monde pour pouvoir y entrer". Et c'est bien là que le bas blesse: dans un avenir marqué par l'Incertitude, la peur du Lendemain, ce n'est plus l'Espoir qui brille dans les yeux de nos concitoyens, mais le peur. Ce n'est pas seulement un constat, c'est un grand désenchantement. Pourquoi? Tout simplement parce que les normes véhiculées par notre sociétè, et notamment depuis l'election de N.Sarkozy, deviennent insupportables. Quelles sont-elles ces normes? Elles se résument dans le slogan: " Travailler plus pour gagner plus". Je parle içi du travail et de l'argent comme fin, et non comme moyen pour parvenir à se réaliser. Et avec la banalisation prévue du travail le Dimanche, la voie prise dans la direction de l'individualisme-matérialiste pronée par cette Droite décompléxée semble s'accélérer. C'est içi qu'il convient de s'opposer radicalement. S'opposer oui, mais sur quoi? Sur ces fameuses valeurs que le Président, son gouvernement et sa majorité nous enracinent. L'Argent n'est pas un taboo, convenons-en. Mais comment peut-on affirmer que des valeurs telles que l'Amour, la Justice Sociale, la Défense de l'Environnement soit secondaire vis-à-vis du travail et de l'argent? C'est en celà que proumouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances peut permettre d'aspirer à une société qui s'inspire de la nature des personnes. Parce qu'on ne peut agir librement qu'en tant que citoyen capable et responsable, qu'en tant que citoyen "illuminé" pour montrer que les valeurs des Lumières, ces valeurs humanistes, ne sont pas perdu dans les pages de l'Histoire. Parce qu'on ne peut accepter ce nouveau Contrat Social si et seulement si les citoyens sont véritablement égaux entre eux, et pas seulement en théorie. Parce que le Monde a besoin de Rêver à nouveau...

19.03.2008

Un espoir, notre avenir

Voila que s'est fini la campagne municipale, non sans son lot de surprises, non sans son lot de combats héroïques! Il faut, je le crois, saluer toute celles et ceux qui ont défilé, travaillé d'arrache pied dans les villes et cantons pour faire passé notre message, celui que rien n'est perdu, que la politique peut changer, qu' un autre projet peut naître sans pour autant se diluer, sans pour autant s'abattre tel un château de cartes au premier revers venu.

Nous ne sommes pas la pour "refaire le match", ni polémiquer sur "qui est responsable du revers"... Nous sommes là pour enfin travailler, se relever les manches, affiner notre projet, car celui-çi a le droit d'exister! N'oublions pas ces quelques 8 millions de français qui, en avril 2007, ont cru en ce projet, ont cru que faire de la politique autrement était possible, est possible et sera toujours possible. Comme François Bayrou l'a bien noté: " On va faire naître une organisation politique nouvelle, à partir d'une génération politique nouvelle. Face aux caciques, c'est formidable d'avoir ce bain de jouvence. On va les former, on va les lancer, et on va leur faire de la place". Que comprendre de ce message?

C'est ici que notre combat, et notamment pour "nous" jeunes militants, apparaît franchement excitant: enfin une force politique se met véritablement en mouvement! Enfin un mouvement reconnaît au combien il était nécessaire de se renouveler, de faire place à ce "bain de jouvence", car, malgré le respect profond que je témoigne envers les "Anciens" et dont je ne remets pas en cause leur nécessité au mouvement ( question de stabilité et bien sur de formation), je pense que la voie que doit choisir le MoDem est celui du renouvellement, de laisser la place aux "petites têtes créatives, talentueuses et dynamiques" que la jeunesse représente! Il s'agirait de faire enfin de la politique autrement, de promouvoir un vrai dialogue au sein de cette pépinière ( en l'occurrence le parti à tous ces étages) de courants tous singulier entre ces derniers et entre les générations.

Après ces vagues d'élection, le temps est venu à la réflexion. Car un mouvement ne peut que se baser sur un projet solide, pluraliste, dynamique. Nous nous reconnaissons dans des valeurs communes et nous avons tous la même conviction: donner cette chance à notre peuple d'un projet alternatif au néo-conservatisme et au socialisme, indépendant et ce même au prix d'un exode de certains "élitistes". Promouvoir un fonctionnement transparent, inspiré par une base vigoureuse, dynamique, créative, de sorte que notre stratégie soit réellement notre et surtout novatrice.

La tâche est ardue, mais tellement grande: nous vous la devons! C'est à ce prix que cet espoir continuera de brûler en nous, que nous apercevrons cette éclaircie dans un avenir parfois morose.