12.03.2008
Parce que Toulon, ce n'est pas sa!
Le président de la République à Toulon sur le thème de l'immigration? J'ai dis NON! Mais quelle image donne t-on de Toulon aux yeux des Français et du peuple toulonnais lui-même? Il est vrai que l'histoire de Toulon ne plaide pas en sa faveur. Est-ce une raison pour continuer de se laisser stigmatisé ? Aprés les affaires de corruption, aprés le passage - éclair- du Front National à la mairie, il a fallu une nouvelle fois stigmatiser notre ville en l'instrumentalisant.
De quel droit prend t-on le peuple toulonnais à défaut sur ce thème-la? Pourquoi un tel acharnement? La légitimité de la démocratie ne se résume pas seulement à la légitimité des urnes! 35% des toulonnais ne se sont pas reconnu dans les valeurs portées par Mr Falco. Doit-on les oublier? est-ce celà la démocratie? Je crois qu'içi apparait de manière flagrante un des (nombreux) maux de notre démocratie: le problème de la gouvernance dans nos villes, cette aristocratie des urnes, cete dictature de la majorité doit être combattue!
C'est ainsi que j'en appelle à resister, à continuer d'exister, à creuser cette voix que les millions de personnes ayant voter pour François Bayrou ont enfoncé, cet espace libre, indépendant et alternatif qui n'a pas peur de dénoncer la décadence de notre régime présidentialo-monarchique, la Restauration qui est en marche! A nous de montrer que notre mouvement n'est pas vain!
C'est içi que se place le principal enjeu d'aprés-municipal, où les tentatives de manoeuvres des "petits" appareils ont vu jusqu'où cette tenacité, cette volonté et ce risque de rester indépédant en a troubler plus d'un! Car exister, c'est ne pas tomber dans l'opposition systématique, ce clivage droite-gauche si hostile à faire avancer les débats d'idées, mais c'est également réagir quand quelconque réactions vont à l'encontre totale de nos valeurs, en particulier nos valeurs démocratiques.
La bataille des urnes a été perdu, avec l'élection de N.Sarkozy en 2007 (au niveau national), puis H.Falco en 2008 (au niveau local). Mais pas la "guerre"! Cessons cette instrumentalisation, donnons une autre image de Toulon, car cette "guerre" des projets, cette bataille des idées dans laquelle quelque 8 millions de français se sont reconnu, ne doivent pas tombé dans l'oubli. Bouge ta ville, pour qu'elle devienne plus humaine, stoppons cette hémoragie qu'est la fracture sociale et géographique, comme la politique gouvernementale s'exerce à densifier.
Parce que Toulon mérite mieux que celà. Au fond, parce que Toulon est simplement humaine!
Ps: le mot guerre est entre guillemets, car je ne le soutiens pas. Exacerber n'entre pas dans ma philosophie, dénoncer pour le bien-être commun oui.
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22.02.2008
La nouvelle gouvernance: Vers une démocratie cognitive Partie II
II-Construire des rapports de force plus équilibrés
Ces efforts en matière de "design institutionel" doivent être donc également suivi d'un certain nombre d'action visant à un meilleur équilibre des rapports de forces. Voila quelques idées à creuser:
-Un rééquilibrage significatif des compétences (en matière d’environnement par exemple) au profit des régions et des pouvoirs d’agglomération, s’accompagnant d’une véritable réflexion sur la notion de "subsidiarité"
-un décloisonnement des institutions (chargées de l’environnement par exemple encore) au sein de la Commission Européenne ou des « gouvernements » nationaux et régionaux, et plus généralement le développement de structures assurant la transversalité et l’intégration des intérêts
-la mise en place de formes originales de financement permettant de réorienter les capitaux vers les besoins urgents des pays du sud, ou, en France, vers les territoires marginalisés
-et enfin la création de nouvelles agences d’expertise et de contrôle ayant une autonomie d’action et des pouvoirs de sanction réels.
Ces décisions, si elles ne sont pas prises, ne pourront satisfaire le besoin de donner au "design institutionel" et au nouveau cadre d'action de la société civile un rôle efficace.
De plus, il s'agit d'établir une nouvelle séparation des pouvoirs contemporaine, distinguant effectivement le politique, l'économique et le médiatique. C'est ainsi qu' Alain Minc, dans L'ivresse démocratique, montre dès 1995 que la séparation des pouvoirs traditionelle, qui est une garantie de liberté pour le citoyen, exercée entre le législatif l'éxécutif et le judiciaire, a cédé devant le pouvoir du juge, de la presse et de l'opinion publique, qui reléguerait le peuple au simple rang d'acteur "dégradé". En réalité, il semble, en effet, que la justice soit sujette à toutes formes de pression mais surtout d'une certaine mise en réseau de l'autorité judiciaire, propice au doute. Mais encore la presse, par un procésus de concentration des médias capté par de grands groupes industriels, eux-même en étroite relation avec l'Etat ( intimité économie-Etat), s'impregne de ce fait du doute chez le citoyen, alors même que les médias jouent un rôle croissant, ne serait-ce que sur l'éducation des enfants. Elle rend presque caduque la "transmission" du savoir effectué par le professeur, la télévision étant plus ludique que le discours du maître ou maîtresse. Il semble ainsi inconcevable que le doute s'installe, l'éducation étant un pilier central de notre société.
III-Redéfinir les lignes de partage entre "gouvernance participative" et gouvernement représentatif
La question est également posée d’un meilleur équilibre entre "gouvernance participative" et "gouvernement représentatif", autorégulation de la société et autorité ou responsabilité des institutions.Il s'agit ainsi de penser la combinaison des différentes régulations -régulation de l’Etat, régulation du marché, régulation de la société civile- et donc de dessiner de nouvelles lignes de partage. Que serait-elle?
"Aux Etats, aux parlements, aux juges de prendre en charge, dans une perspective de solidarité et de protection à long terme, les risques écologiquement ou socialement intolérables, d’assurer "un filet de sécurité" contre les accidents majeurs, de garantir (par l’incitation ou la sanction) l’application effective des règles - en anticipant éventuellement la demande sociale. Aux collectivités locales, aux entreprises, à la société civile de négocier et gérer collectivement les problèmes qui les concernent, en construisant des visions partagées et en intervenant dans des procédures ouvertes de co-décision." J.Theys
Cela revient donc à redéfinir la fonction de subsidiarité active, en fonction des compétences des acteurs. Il en découle néanmoins 2 nouveaux problèmes: celui de l’intervention du citoyen dans le contrôle de la techno-science. Mais ensuite, celui de la participation du public et des différentes parties prenantes dans la gestion de problèmes non locaux, ceux qui sont associés à l’échelle européenne ou mondiale (tel les problèmes environnementaux). Une solution possible? Celle proposée est le développement et l’intervention croissante de structures de médiation et de transversalisation, situées à l’interface entre démocratie directe et démocratie représentative : régions, autorités indépendantes, communauté d'agglomération, forums de citoyens. Elle permettrait au citoyen d'acquerir à plus de connaissance, de renforcer son poids et au gouvernement de devenir plus transparent.
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La nouvelle gouvernance: Vers une démocratie cognitive Partie III
IV- Promouvoir une démocratie cognitive
La promesse d’un accès plus ouvert de la société civile à la décision devra également s'accompagner, dans un premier temps, d'un new deal culturel, ainsi que dans le partage du savoir et de l'expertise. Ce new deal incombe ainsi de relever nombres de défis.Le premier d'entre-eux auquel s'attache cette lourde réforme est de relier l'acquisition nouvelle de l'information à la vie quotidienne.
Le second est de faire émerger une culture commune de la globalité, une opinion publique mondiale. C'est donc developper le sens du "Penser globalement-Agir localement".
Le troisième est de réduire le fossé, qui ne cesse de grandir, entre l’expert et le citoyen ("the knowledge gap") - ce qui renvoie, pour l’environnement comme dans d’autres domaines, au rôle fondamental de l’éducation, à l’émergence d’une véritable culture du risque et surtout à la construction de ce qu’Edgar MORIN a appelé une "démocratie cognitive".
Comment parvenir à ce nouveau contrat social, cette sorte de cercle vertueux de la "société réflexive" - transparente à elle-même? Voila plusieurs pistes de recherche donnée par J.Theys (je cite):
-du coté des médias un effort persévérant de pédagogie et de distanciation par rapport à l’événement;
-du coté des scientifiques, une éthique de l’objectivation et de l’autonomie qui mette le savoir à l’abri de toute forme d’expropriation par les groupes de pression ; et un souci réel de mise en débat public des connaissances ;-du coté du système éducatif, la généralisation à tous de l’enseignement scientifique, et une meilleure intégration de l’environnement dans les filières de formation. Une réforme se doit d'être menée, car l'éducation reste le pilier de toute société démocratique ;
-du coté des industriels, l’acceptation du principe de précaution et de la transparence ;
-du coté des autorités publiques, la transparence des objectifs et des informations et surtout l’acceptation de la pluralité de l’expertise comme instrument majeur de la démocratie - ce qui implique la volonté tenace de réduire partout les obstacles qui s’opposent au développement de la contre expertise ;
-du coté des institutions, la mise en place de règles permettant d’éviter la confusion des pouvoirs, et la création de procédures ou de structures de médiation permettant d’assurer un véritable contrôle démocratique des choix scientifiques et techniques (rôle des autorités indépendantes) ;
-et enfin du coté de l’opinion, une acculturation au doute et à l’idée que la connaissance ne se confond pas avec l’accumulation de certitudes toutes faites - ce qui suppose aussi une certaine acceptation du droit à l’erreur pour la politique.
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