18.04.2008

Traité politique en matière d' "Egalité des Chances"

Promouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances. Tel me semble être le véritable enjeu du XXI° siècle.

Parce qu'il s'agit tout d'abord d'un enjeu de société. En effet, nous sommes entrés depuis de nombreuses années dans une nouvelle économie-monde, basée sur une nouvelle division du travail, un developpement massif des nouvelles technologies de l'information et des télécommunications, une marché mondial de plus en plus concurrentiel et une mondialisation des images de la mondialisation qui engendre une zone d'opacité entre un monde réel trop pauvre et virtuel trop riche ( 3 leçons sur la société post-industrielle, Cohen). De plus, on assiste également à l'émergence d'une nouvelle société: les femmes travaillent, les couples divorcent, la fécondité baisse, l'espérance de vie augmente, la pauvreté se déplace. En quoi promouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances peut contribuer à repondre positivement à cet enjeu de société? 

Dans un premier temps, le fait est que l'égalité des chances est consubstentielle à la démocratie. Il s'agit aujourd'hui d'un but majeur de nos sociétés que d'aspirer à une égalité des chances la plus parfaite possible. Pour permettre de réaliser ce but ultime, il nous faut prendre le problème à la racine: offrir à tous nos enfants, quelque soit leur catégorie sociale, le meilleur environnement possible, pour qu'il puisse entrer de manière confortable dans cette nouvelle "société de la connaissance". Car l'égalité n'est pas seulement un idéal à atteindre: c'est avant tout une volonté politique qui s'inscrit dans la durée, une des facettes du developpment durable, une volonté de toute une société, une volonté de toute une civilisation. Aprés avoir défini ce que nous devons atteindre, nous devons nous interroger sur les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir. Içi, je m'appuie sur l'oeuvre de Esping Andersen, Trois leçons sur l'Etat Providence. En effet, d'une manière originale, ce dernier montre en quoi l'Etat Providence doit être considéré non plus comme un "Etat infirmier", qui n'aurait qu'une vision court-termiste et qui rafistollerait seulement notre mondèle social, mais comme un "Etat investisseur", capable de véritables réformes justes, ayant une vision long-termiste. Investir oui, mais dans quoi? C'est içi que son analyse prend toute sa splendeur: que ce soit pour permettre aux femmes de finir leur révolution quant à leur rôle dans la société du XXI° siècle, que ce soit pour garantir une croissance durable, combattre la pauvreté, assurer tout au long de la vie une justice et offrir des moyens équitables aux citoyens d'aspirer à la position pour laquelle il donne de leur âme, d eleur temps et même pour réformer les retraites, le point central est d'investir dans nos enfants, notamment en terme d'égalités des chances. Stimuler leurs capacités cognitives ( et non cognitives également) tout en mélangeant les enfants de parents riches avec ceux des parents modestes au sein de créches subventionnées de manière universelle et équitable, c'est permettre à la "société de la connaissance" d'émerger: permettre aux femmes de s'émanciper économiquement ( car les enfants agissent tel un impôt regressif sur l'offre de travail des femmes, tout simplement car lorsque l'on aspire à avoir un enfant, il va de soi que l'on va moins travailler du fait de la période de la maternité), et donc leur offrir un poids important au sein des négociations familiales, mais encore permettre la mixité sociale ( et donc combattre la ghettoisation de la société individualiste), éviter de sacrifier l'efficacité à l'égalité ( bien que l'on peut se demander le bien fondé de cette critique), d'éviter également laposition de passager clandestin, et bien sur faire que l'égalité ne soit pas un simple idéal, mais une réalité sociale.   

Car, dans un second temps, il s'agit d'investir dans l'avenir, de manière durable et ce pour faire emerger surtout une alternative à une société "individualiste", qui agit telle une tumeur cancereuse qui se propage au sein de l'Humanité. Car faire de la politique autrement, et de surcroît durablement, c'est bien sur ne plus vandaliser la nature, mais c'est surtout, a fortiori, considérer l'Homme d'une autre manière, non lpus comme un individu, resté au stade d'atome broyé dans la masse, mais comme une personne libre: "l'Homme libre est un homme que le monde interroge, et qui répond: c'est l'homme responsable. La liberté [...] n'est pas l'être de la personne, mais la manière dont la personne est tout ce qu'elle est, et l'est plus pleinement que par necessité" E.Mounier, Le personnalisme. En quoi promouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances peut permettre d'aspirer à une société qui s'inspire de la nature des personnes?

Parce qu'il s'agit simplement d'en finir avec ce désenchantement du Monde, avec cette peur de l'Autre. La psychosociologue Florence Guist-Desprairies notait " [qu'] il faut pouvoir rêver le Monde pour pouvoir y entrer". Et c'est bien là que le bas blesse: dans un avenir marqué par l'Incertitude, la peur du Lendemain, ce n'est plus l'Espoir qui brille dans les yeux de nos concitoyens, mais le peur. Ce n'est pas seulement un constat, c'est un grand désenchantement. Pourquoi? Tout simplement parce que les normes véhiculées par notre sociétè, et notamment depuis l'election de N.Sarkozy, deviennent insupportables. Quelles sont-elles ces normes? Elles se résument dans le slogan: " Travailler plus pour gagner plus". Je parle içi du travail et de l'argent comme fin, et non comme moyen pour parvenir à se réaliser. Et avec la banalisation prévue du travail le Dimanche, la voie prise dans la direction de l'individualisme-matérialiste pronée par cette Droite décompléxée semble s'accélérer. C'est içi qu'il convient de s'opposer radicalement. S'opposer oui, mais sur quoi? Sur ces fameuses valeurs que le Président, son gouvernement et sa majorité nous enracinent. L'Argent n'est pas un taboo, convenons-en. Mais comment peut-on affirmer que des valeurs telles que l'Amour, la Justice Sociale, la Défense de l'Environnement soit secondaire vis-à-vis du travail et de l'argent? C'est en celà que proumouvoir une démocratie cognitive et d'égalité des chances peut permettre d'aspirer à une société qui s'inspire de la nature des personnes. Parce qu'on ne peut agir librement qu'en tant que citoyen capable et responsable, qu'en tant que citoyen "illuminé" pour montrer que les valeurs des Lumières, ces valeurs humanistes, ne sont pas perdu dans les pages de l'Histoire. Parce qu'on ne peut accepter ce nouveau Contrat Social si et seulement si les citoyens sont véritablement égaux entre eux, et pas seulement en théorie. Parce que le Monde a besoin de Rêver à nouveau...

21.02.2008

Solidarité et politique

La notion de démocratie met au centre de sa reflexion politique le problème de l'égalité. En effet, le problème qui décombe de la démocratie idéale tiendrait à "ses capacités à poser un commandement ( Schelling), c'est-à-dire à faire respecter le droit par des individus responsables". La démocratie, au sens d'organisation politique, aurait ainsi pour but de réguler l'antagonisme des citoyens entre le désir absolu de liberté et le besoin d'égalité, qui restreint les libertés individuelles.

La démocratie definirait donc l'"Etat politique dans lequel la souveraineté appartient à la totalité des citoyens, sans distinction de naissance, de fortune, ou de capacité". La question qui découle donc serait intégrer la notion de "solidarité" au discours politique. Cependant, force est de constater que les valeurs républicaines repondent déjà à cette question: la traduction de la "solidarité", au sens politique, n'est autre que la "fraternité". Ainsi, penser qu'il faut redonner au concept de "fraternité" de la devise républicaine la première place, c'est reconnaître que la fraternité permet la mise en oeuvre d'un équilibre entre le désir de liberté et l'exigence d'égalité dans le contexte républicain laique. Cela conduit également à la recherche de forces de médiations pour permettre cet équilibre.

Quelles sont-elles? La forme la plus connue est la redistribution exercée par l'Etat. Celle-çi, à son apogée lors de la période "Etat-Providence", a connu des tensions, notamment sur le plan économique. Néanmoins, si il est apparu un tel Etat, c'est parce que cette exigence démocratique ( la solidarité) est indispensable à toute démocratie. Comment arriver à une meilleure efficience du système redistributif? Une solution, déjà bien connu, mise en exergue par Tocqueville dans De la démocratie en Amérique , peut remédier à renouer le lien social: la vie associative.

En France où elle est trés implantée ( 95% des français pensent que l'existence des associations est indispensable au bon fonctionnement de la vie en société), celle-çi suppose un choix libre, où chacun peut s'associer à un projet. Ainsi elle permet à l'Homme d'aujourd'hui de confirmer sa liberté au sein d'un cadre collectif et de participer au lien social que la société individualiste défait. L'Etat y trouverait également son intérêt, dans les sens où les encourager lui permettrait de transférer une partie des missions de service public. " Dans le contexte d'une réforme de l'Etat et d'un désengagement progressifs à des fins d'amélioration gestionnnaire, les associations représentent bien une chance" Eric Cobast

Cette idée paraît ainsi séduisante, dans le contexte politique, car elle soutient les idées de décentralisation et de responsabilité et participation du citoyen aux décisions dont il hérite dans sa vie de tous les jours. Cela démontre d'une necessité d'un nouveau mode de gouvernance, où le principe de subsidiarité doit être à nouveau redéfini pour ériger une nouvelle façon de faire de la politique et de gouverner ensemble, mais encore la necessité de reformer l'Etat devient à présent un combat qui doit prendre en compte le fait que l’ "égalité des chances est consubstantiel de la démocratie" (J-P. Fitoussi et P. Rosenvallon). Le projet démocrate s'inspire largement de ses idées d'ouverture! A bon entendeur salut!

19.02.2008

Hommage à Monsieur Salvador

"C'est un ailleurs, c'est une chambre avec vue... C'est un ailleurs, c'est la où j'ai vécu..." Plus qu'un symbôle de joie de vivre, de bonté d'âme, je voulais commencer ce blog par ces mots simples et doucereux, reflétant un homme à la simplicité de vie. Un exemple assurément d'une fin de vie paisible, d'un homme qui a profiter chaque instant du bonheur que la liberté lui a procuré.

Et, plus généralement, je voulais monter au créneau pour cette partie de la France oubliée, cette France que l'on entend pas et qui souffre terriblement. Cette France-là, celle des petits retraités, celle également des étudiants précarisés par un chômage trés dur à vivre, qui, dans le noir, souffre. La réponse du gouvernement? "On ne va pas vider des caisses qui sont déjà vide" N.Sarkozy. Comment ose t-on dire sa, après avoir lachement laissé 6 milliard d'euros à la catégorie des 10% des plus riches? Ces gens-la, qui voit leur président éprit de luxure sur le yacht de son ami milliardaire Bolloré, ne peuvent se permettre d'attendre, et surtout ne peuvent se permettre de comprendre ( la encore trop tardivement) que des mots ne remplaceront jamais des actes. La démocratie des mots et de la Restauration, mis en place depuis 9 mois et dont on voit les chamaillements de la Cour présidentiel ( je pense à Neuilly, évidemment...), méprise bien cette partie-là qui souffre terriblement, dont on a tant abusé de leur force, de leur courage et de leur bonté d'âme.

C'est içi que l'erreur majeure du gouvernement Fillon s'est produite. Les efforts n'ont pas été conduit sur les personnes qui en ont besoin, et ces gens-là continuent à en pâtir. Le peu de budget dont l'état disposé, outre les heures supplémentaires ( si besoin véritable il existait et dont les résultats viendront trés prochainement), aurait du être éconduit sur ces petites pensions-là. Parce que une démocratie plus humaine comme je la conçois ne doit pas laissé au dépourvu ceux qui souffre le plus, parce que réduire les inégalités, c'est savoir agir et écouter. 6 milliards perdus dans la nature, il me semble légitime que la pillule "paquet fiscal" ait du mal à passer.

Alors, à ces personnes dans le besoin, je leur dit: Courage. Rien n'est perdu, et l'avenir vous le dira. Bien plus qu'une vigilence Républicaine et une dénonciation des abus de l'éxécutif (necessaire certes), bien plus que de simples promesses, vous dire que des gens vous écoutent et comprennent votre douleur. A nous de prendre le relais et de nous battre pour vous, pour notre démocratie plus humaine. C'est cela aussi, faire de la démocratie autrement...